journal rappeGunman Xuman, un rappeur chevronné, un Mc de la vielle école qui se passe naturellement de présentation. Son savoir faire en matière de rap n’est plus à démontrer, mais ce qui est à magnifier chez Xuman c’est sa créativité artistique ; la dernière trouvaille du monsieur le JTR est tout à la hauteur de son génie. Dakarmusique.com est allé le voir du coté de Liberté 6 pour un spécial JTR. Entretien.

Dakarmusique.com : pouvez-vous nous parlez des origines du rap Gal-sen ?
Oh ça c’est une question spéciale ! Je ne sais pas si je peux vous en parler mais je pense que  les origines du rap Gal-sen sont les mêmes que celles du rap US, toujours est-il que les personnes qui ont fait venir ici le Hip Hop c’était d’abord les gens qui voyageaient beaucoup, les stewards, les gens qui avaient des parents qui étaient ou vivaient aux USA, ce sont les premiers à faire entrer la musique rap au Sénégal. La bande FM a eu aussi beaucoup participé à l’éclosion du rap, selon l’histoire les précurseurs du hip hop c’est les PBS, Kings MC, Mc Lida, Coolcok Six en grosso modo.

Dakarmusique.com : étrangement c’est les Duggy Tee, les Da-Brains, les Xuman qui sont plus au devant de la scène que les Mc Lida qui est par ailleurs le premier rappeur à avoir mis une cassette totalement rap sur la marché.
 Ce qui s’est passé c’est que les gens comme Mc Lida ont sorti leur album puis sont partis, alors que nous, nous sommes restés pour faire vivre cet art ; on organisait beaucoup de concerts, on jouait dans les écoles du coup, nous nous sommes créés une grande base de fans, car nous assurions la promotion de nos albums. Les groupes de la première école comme Pee-Froiss, Yatfu, Da-Brains, BMG44, Nix etc. ont beaucoup travaillé au développement musical.

Dakarmusique.com : l’actualité c’est aussi le Journal Rappé (JTR) qui a été plus qu’un succès au Sénégal comme en dehors du pays, en fait d’où vous en est venu l’inspiration ?
Le Journal Rappé est une chose qui existe depuis un moment, dans la tête en tout cas, parce que ca fait maintenant presque 10 ans que je travaille dans les radios, où à chaque fois que je terminais mon émission il y avait des brèves, vue qu’il y avait une complicité avec les journalistes, je discutais avec Ndiaye Doss, je lui disais que ca serait bien de faire un journal avec du rap, il me rétorquait ‘’oui c’est serait bien’’ parce qu’il aimait ce qu’on faisait déjà. Il se passe qu’il y a eu des évènements qui se sont passés en 2012, et pas mal de rappeurs ont sorti des singles qui ont un rapport direct avec ces évènements, il y avait un grand engouement, les gens faisaient tout pour que jamais ça ne se répète ;  moi j’avais sorti un single que le public avait consommé, puis c’est comme si je retournais à l’ombre, à cela on peut ajouter que les gens n’achètent plus d’album, tout le monde va cliquer sur le web,  il fallait donc trouver un moyen pour rester présent et pour combler tout ça. Il fallait faire un journal qui parle de l’actualité, mais aussi un journal musical qui artistiquement tiendrait la route voilà l’histoire du JTR.

Dakarmusique.com : avec le JTR, le rap a pris une autre envergue car il est sorti du carcan de l’engagement pour adopter une posture journalistique pour donner l’information.
C’est ce que le rap a toujours fait, comme je vous le disais tout à l’heure avec les évènements de 2012 tout le monde est allé au devant des grilles de l’Assemblée Nationale, les rappeurs, les premiers. Quand il y a eu les inondations, une maladie (Sida) etc. les rappeurs ont été toujours les premiers à réagir à travers des singles. Donc parler de l’actualité c’est légitime et tout à fait normale, peut-être même qu’il y a que le rap qui peut beaucoup plus coller à ce genre de programme que le Mbalax, le Zouk… le rap permet une certaine liberté, de dénoncer, de divertir les gens, de les bousculer aussi, je crois que le rap est la seule alternative pour cela ; on est rappeur Keyti & moi, la seule solution qu’on a trouvé était donc de faire ce qu’on sentait et de le faire bien. Nous voulions également un challenge parce que chaque semaine il faut un nouveau numéro. Nous avons trouvé No Face UnderCover, un gars qui travaille vite et bien, il nous envoie deux beats par semaine ; il fallait aussi trouver une bonne structure pour la mise en image, nous avons trouvé Level Studio. Au premier numéro, nous nous sommes rendu compte que le JTR avait suscité beaucoup d’engouements. Nous nous sommes dit que chaque numéro de la semaine devait être mieux que le numéro de la semaine d’avant. Que le JTR inspire à faire mieux, nous n’avons le monopole du JTR, celui qui veut en faire en fasse.

Dakarmusique.com : pour tout fédérer, le JTR est allé faire un tour dans les régions.
Les régions, il fallait qu’on fasse un numéro ; chaque fois que quelque chose se passe on en parle, on dit qu’il y a ça ça supposons à Mbour… or à Mbour il y a des rappeurs qui peuvent mieux en parler, à Kaolack pareil. Pour la première régionale, nous n’avons pas eu toutes les régions mais dans la seconde régionale il y aura les d’autres régions que nous n’avons pu faire.

Dakarmusique.com : on dit que le JTR ressemble au JT de Derka (JTD) qu’est-ce que vous en pensez ?
Derka n’a pas créé le JTR, j’ai vu le JT de Derka en 2009, mais le JTR, nous l’avons créé en 2012. Le JTD si vous le comparez au JTR vous verrez que nous, nous sommes beaucoup plus sérieux dans ce que nous faisons. Derka fait de la comédie alors que nous, nous voulons garder la crédibilité ; nous ne faisons pas un journal pour faire rire les gens, nous ne sommes pas les guignols de l’info quoique cette émission ait un coté positif. Derka ce qu’il fait c’est très bien comme style, mais nous nous ne faisons pas cela.

Dakarmusique.com : est-ce que c’est dans les plans du JTR d’inviter des journalistes, des politiciens etc. pour faire le journal ?
Ça dépend, s’ils sont prêts à entrer dans le jeu alors pas de souci. Si vous voyez bien nous avons eu à inviter Mme DIALLO à propos des marchants ambulants, on lui a posé une question et elle a répondu, ensuite on a tout posé sur le beat,  mais Mme DIALLO n’est pas une rappeuse justement le but du jeu, c’est de faire revivre le rap car le mbalax a phagocyté l’attention gens, tout le monde est focalisé sur cette musique résultat le rap a perdu du terrain. Il y a une année ou deux quand ça parlait du rap sénégalais sur le plan international, la première chose qui venait c’est Y’EN A MARRE, cela nous  fait honneur c’est parfait. Mais sur le plan artistique, ca fait longtemps qu’on parle plus du rap sénégalais en tant qu’art… et nous c’est cela qu’on fait c’est-à-dire essayer de mettre la lumière sur l’art qu’on fait.

Dakarmusique.com : projet perso de Xuman ?
Il y a mon album qui va sortir parce que je suis entrain de finaliser l’écriture, des titres sont déjà prêts mais pour l’instant avec le JTR ce n’est pas une bonne idée de le sortir, donc ca va prendre tout le temps que ça faudra.

Moustapha KORERA, DAKARMUSIQUE.COM
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