cesaria-evoraTrois ans après « Rogamar », la chanteuse capverdienne revient avec « Nha Sentimento », un album à la fois grave et léger. Victime d’un accident vasculaire cérébral en 2008 lors de sa tournée australienne, Cesaria poursuit malgré tout son chemin. A 68 ans (elle est née le 27 août 1941), sa voix est certes plus distante et un peu moins souple que par le passé, mais elle reste toujours ancrée dans les émotions qui ont fait sa renommée universelle, véritable Billie Holiday créole de la seconde partie du vingtième siècle.

Sur ce nouvel opus, les coladeras ont pris le pas sur les mornas. Réalisé par Nando Andrade et produit par José da Silva, « Nha Sentimento » porte en lui des émotions profondes, que ne sauraient dissiper des morceaux apparemment légers, mais souvent graves dans leurs thèmes, où la joie de vivre l’emporte souvent sur le chagrin, le regret et le désir. Quand ce n’est pas le cas, les paroles traduisent un fatalisme îlien que Cesaria fait immédiatement sien, pour avoir si bien vécu ce qu’elle chante, à l’image de Vento de Sueste, une morna qui renvoie à des sentiments dont elle ne s’est jamais départie.

Zinha est un des titres les plus enlevés de l’album. Léger, il dissipe les émotions fortes, tout en incitant à la danse. Comme sur la majorité des titres de l’album, Cesaria est servie par un délicat travail percussif signé Tey Santos.


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