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« Ils donneraient la pêche à une armée de déprimés... » l’Express dixit. Et ce n'est pas les nombreux fans venus ce vendredi 22 mai à L'institut leopold Sedar SENGHOR de Dakar qui vont dementir le journal Express.
Depuis plus de 59 ans, les musiciens cubains de l'Orquesta Aragon écument les scènes du monde entier. Superstars au Congo, au Zaïre, au Mali, au Bénin... dans les années 70, ils ont notablement influencé la musique africaine.

L'épopée d'Orquesta Aragon commence en 1939 à Cienfuegos, un petit port du centre de Cuba. Un musicien nommé Orestes Aragon (également prothésiste dentaire à ses heures perdues) monte une formation sans cuivres, où les voix et la rythmique sont soutenues par des violons et une flûte.

Malgré leur succès, il faut attendre les années 50 pour que le groupe se produise de manière régulière à La Havane et enregistre ses premiers disques. Grâce à la mode du Cha-cha-cha qui déferle sur le monde entier, les Cubains ont le vent en poupe et l'Orquesta Aragon part tourner sur le continent américain (et plus particulièrement aux Etats-Unis). Mais, guerre froide oblige, le groupe se tourne vers les pays " amis " (Pologne, Allemagne de l'Est, URSS... ) et l'Afrique noire. Il devient ainsi le premier groupe cubain à sillonner le continent noir, de la Guinée à Zanzibar en passant par le Mali, le Sénégal, le Zaïre, le Ghana. On compte plus d'une vingtaine de pays africains où le nom " Orquesta Aragon " est à lui seul une légende.

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Au passage, le répertoire du groupe se déleste de ses morceaux cha-cha-cha (en train de passer de mode) pour se convertir au mozan-cha (adapté du style mozambique), au cha-onda et même au rock avec le shake-cha. Au fil des années 70, ces musiciens cubains deviennent de plus en plus africains : ils reprennent des chansons africaines connues (" Muanga ", du congolais Franklin Boukaka ou encore " Yake boy ", du sénégalais pape Seck) et accompagnent même Labah Sosseh, le grand salséro sénégalais.

Leur popularité ne se démentit pas, bien que des charanga plus modernes et plus électriques (tels que Los van Van) arrivent sur le marché. L'Orquesta Aragon semble indestructible. Bien que Rafael Lay Apezteguia, leader de la formation depuis 1948 (il y était entré comme violoniste prodige à l'âge de 13 ans), meure dans un accident de voiture en 1982, son fils Rafael Lay Bravo -violoniste lui aussi- reprend le flambeau. Autre coup dur, le label d'Etat cubain Egrem cesse de les soutenir aussi intensément que par le passé. Qu'importe, les papys multiplient les tournées internationales pour gagner leur vie. Et, avec un répertoire riche de plus de 700 chansons, ils ont de quoi faire danser les salles pendant encore plusieurs décennies.

Sources : mondomix.com


Orquesta Aragon à l'Institut Français de Dakar le 22 mai 2009



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Photos Aliou DIAW et  Felix  VON SCHEFFER