ville-de-dakarAssurément, le moins que le puisse dire est que Dakar reste une ville ouverte à toutes les musiques. A preuve, la semaine écoulée a été bien arrosée avec des plateaux musicaux où  les amateurs ont pu déguster différents styles. Et c’est d’abord Wasis Diop qui a semé les bonnes graines avec un plateau «  world music » qui a réuni sur la scène du théâtre de verdure Gilles Obringer  de l’Institut français deux générations qui restent accrochées aux wagons de cet homme à la musique si dépouillée.

Une soirée à l’Institut français avant de replonger la même ambiance au Just 4 U et d’autres coins de la ville de Dakar. Au même moment, le « Takeifa », cet orchestre familial, faisait un boum d’enfer au Grand Théâtre avec une musique plurielle loin  du Mbalax auquel on nous habitués. Une soirée qui a accueilli un nombreux public et qui a effacé les images de leur première sortie dans ce temple où la famille Keita avait presque joué en famille. Ce qui fait de leur dernière soirée une véritable réussite. Coumba Gawlo Seck, qui a pris possession des lieux le lendemain, c'est-à-dire  le samedi 22 mars, a montré qu’elle continue de titiller les sommets. Une soirée a 20 000 balles  au cours de laquelle la salle a presque affiché complet, le public se régalant d’une musique aux couleurs universelles entre modernité et tradition. Autant dire un véritable cocktail musical sur Dakar. Pendant ce temps, Gorée, l’ile mémoire, était inondée de notes jazzy  avec un nombreux public de connaisseurs. C’est dire que Dakar garde encore sa bonne place sur le plan musical. Il s’agit juste d’initier des plateaux du genre avec d’autres musiques venues d’ailleurs et  de faire un clin d’œil vers  la banlieue et les régions. En effet,  en dehors de Saint Louis, la capitale reste le seul endroit où se tiennent des soirées du genre. Ce qui est une anomalie pour un pays qui a accueilli tout dernièrement la 3ème édition du Festival Mondial des Arts nègres et qui doit dorénavant jouer les premiers rôles au niveau continental.

Alassane Seck Guéye
Article paru dans « Le Témoin » N° 1158 –Hebdomadaire Sénégalais (Mars  2014)