ibrahima syllaEn 1999, Ibrahima Sylla, patron de Syllart Production s’est prêté à mes questions dans un entretien que je voudrais livrer en exclusivité à GCI, en hommage à celui qui a le plus contribué à porter à la connaissance du monde, ce que les cultures du continent Afrique possèdent de plus précieux : la musique. Parlant de ses origines, il répondait : Je suis Sénégalais de l’ethnie Diakanké du sud du Sénégal. Ma mère est Bambara de Koulikoro. J’ai des origines malienne et guinéenne où j’ai de la famille à Dubréka et à Télémélé. Je suis polyglotte puisque je parle Mandingue, Bambara, Wolof et Foulah. Mon père Al Hassane Sylla et son jumeau Al Housèyne Sylla, avaient chacun quatre épouses, et nous étions 63 membres de cette grande famille. J.B.W : Avant d’entrer dans la production musicale, relatez-nous quelques péripéties de votre vie juvénile ? Ibrahima Sylla : C’est quand j’étais en 4ème, que mon père a décidé de me sortir de l’école pour m’amener au Tchad, pour approfondir mon éducation coranique durant une année.

 

Nous avons ensuite voyagé ensemble au Cameroun, au Zaire, au Togo, en Centrafrique, au Bénin. C’est au terme de ces voyages que j’ai découvert d’autres cultures.

J.B.W : Parlez-nous de vos débuts dans la production musicale ?

Ibrahima Sylla : En 1974, mon père m’a envoyé en France, où j’ai étudié l’économie et la gestion. C’est là que je collectionnais les disques de musique cubaine. Nous nous retrouvions avec des amis passionnés de musique qui finiront par me convaincre de concevoir le projet Africando. C’est à cette période que je vais prendre goût à la fabrication de disques vinyls (33 tours, 45 tours). A mon retour au Sénégal en 1979, j’étais enfin décidé à faire de la production musicale.

J.B.W : Avant d’entrer dans la production musicale, relatez-nous quelques péripéties de votre vie juvénile ?

Ibrahima Sylla : C’est quand j’étais en 4ème, que mon père a décidé de me sortir de l’école pour m’amener au Tchad, pour approfondir mon éducation coranique durant une année. Nous avons ensuite voyagé ensemble au Cameroun, au Zaire, au Togo, en Centrafrique, au Bénin. C’est au terme de ces voyages que j’ai découvert d’autres cultures.

J.B.W : Parlez-nous de vos débuts dans la production musicale ?

Ibrahima Sylla : En 1974, mon père m’a envoyé en France, où j’ai étudié l’économie et la gestion. C’est là que je collectionnais les disques de musique cubaine. Nous nous retrouvions avec des amis passionnés de musique qui finiront par me convaincre de concevoir le projet Africando. C’est à cette période que je vais prendre goût à la fabrication de disques vinyls (33 tours, 45 tours). A mon retour au Sénégal en 1979, j’étais enfin décidé à faire de la production musicale.

J.B.W : Sylla producteur ?

Ibrahima Sylla : J’ai commencé à travailler au studio Golden Baobab de Francis Senghor, où j’ai fait l’album de l’orchestre Baobab, de Ouza, de Guéléwar et de l’Etoile de Dakar avec Youssou N’Dour à ses débuts. En 1981, j’ai décidé de créer mon propre label, Syllart Production. Ainsi j’ai commencé par produire les nouveaux albums du Baobab et Ismael LÖ. En 1983, je m’installe à Paris,  où j’ouvre mon premier magasin de disques dans le 10ème arrondissement, Cubaney Musique. Bopol  Mansiamina, Empire Bakuba, Quatre Etoiles, Nyboma,  Cabo Verde Show, Gnonnas Pedro, Nayanka Bell sont les tous premiers produits de mon label Syllart Production et cela a bien marché. Viendront après Salif Keita Soro, Alpha Blondy, Saadou Bory du Niger, Tshala Mwana, M’Bilia Bell, Oumou Sangaré, Kandia Kouyaté, Oumou Dioubaté, Bambino, Ismael Isaac, Fodé Baro, Africando et les autres…

J.B.W : Vos exigences vis-à-vis des artistes dans la production des albums musicaux ?

Ibrahima Sylla : En résumé : ne signer de contrat avec un artiste que pour un seul album ; faire évoluer la musique, ne pas faire ce que tout le monde fait. Par exemple avant l’enregistrement d’un album, je veux en connaitre la conception artistique; c’est très important pour moi. Pendant les prises de son, je laisse faire et je viens seulement et je suis  toujours présent à la fin pour le mixage de mes albums. Je ne suis pas musicien, mais je pense que j’ai un don, c’est celui de sentir et d’apprécier les artistes et la musique. Quelque soit le musicien ou la musique, je comprends et j’ai toujours une petite idée à donner qui fait la différence…

Voilà quelques mots que l’un des plus grands producteurs de musique du continent africain, Ibrahima Sylla né en 1955, qui vient de tirer sa révérence le lundi 30 décembre 2013, et qu’il m’accordait quelques jours avant la sortie de l’album ‘’Les leaders de Guinée’’. La dépouille mortelle est attendue à Dakar le vendredi 3 janvier où il sera inhumé le samedi 4 janvier 2014.

Repose en Paix, Sylla !

Jean Baptiste Williams pour GuineeConakry.Iinfo