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Décès de Beuz Waflash, découvrez la lettre posthume d'un de ses amis.
Lettre posthume à BEUZ WAFLASH ou prière à un ami : Un seul ETRE vous manque, et Thiès est MORT.


« Si j’avais su que ce serait la dernière fois, je serais resté là pour partager tout avec toi, au lieu de penser que tu en avais tellement à vivre, pour tout me dire avant de partir »Ceci n’est ni un hommage, encore moins un témoignage, mais juste un salut franc, un devoir de fraternité, une obligation professionnelle certes, mais surtout une prière pour que le bon Dieu, dans sa miséricorde, ait pitié de l’âme de mon ami. Beuz, comme on l’appelait familièrement, aura traversé notre vie, c’est toute une génération de Thiessois qui sauront se reconnaitre en ce digne fils du pays dont la partition dans l’éclosion culturelle de la cité du « refus »qui nous est chère, reste sans conteste. Membre fondateur du mythique groupe musical de la ville, Waflash, Mame Boubou Guéye en était devenu l’âme. Le manager omnipotent et omniprésent dans la gestion du cadre éponyme « Palais des Arts » avait quitté les manettes de la batterie, des années plutôt, pour prendre en main la carrière de la bande à Ma Sané. Beaucoup plus pour sa disponibilité, sa franchise, sa loyauté et son flair dans les affaires, Beuz avait fini par s’identifier au groupe, et le seul à qui colle le sobriquet « Beuz Waflash » avait tout donné pour vendre ses potes, pour asseoir la visibilité de leur investissement. Rien que pour porter le message dans la presse quotidienne, et faire retentir les performances du groupe thiessois sur la scène musicale, il ne s’épargnait aucun sacrifice, des nuits blanches passées en intimité, dans mon logis à Dakar, pour mailler les quotidiens ou sites devant diffuser et faire valoir les arguments du groupe thiessois sur la scène nationale. Plus qu’un devoir, une obligation professionnelle, c’était une forte ambition d’un jeune sincère et déterminé à faire scintiller son patelin.Son œuvre ne sera pas vaine, ses amis et proches se chargeront de la perpétuer, c’est de sa mémoire qu’il s’agit désormais, d’honorer.Reposes en paix frérot, ta ville t’est reconnaissante, tes amis et parents réconfortés par ton parcours élogieux, ta haute estime de l’honneur et ton sens du devoir.C’est la même ambition innée, qui était palpable, au cœur du projet pour lequel il avait investit, et qui mourra dans l’œuf, la veille de son rappel à Dieu. Prenant à témoin la presse locale, pour en informer, Beuz faisait sans doute ses adieux, le cœur meurtri de voir son projet de vie, mis à mort par la Gendarmerie. La volte-face incompréhensible sur l’autorisation qui lui était attribuait par les autorités compétentes, a-t-il eu de l’effet sur ce cœur sensible et émotif ? Je n’ose le croire…Documents à l’appui, j’ai revisité les images et revu la pertinence de ses arguments, de mettre sur pied un restaurant aux standards reconnus, pour travailler et faire travailler des jeunes de sa ville. Une vocation comme un sacerdoce de servir toujours sa ville. Qu’avait-il, encore à prouver, après avoir écrit de belles pages glorieuses et inoubliables pour Thiès et toute sa génération de lycéens, qui ont usé leurs pantalons sur les bancs du Lycée Malick Sy ou à « Agora », quelque part dans ce nostalgique quartier de Som qui nous a vu grandir et faire nos premières « philosophies » dans la vie ?C’est le seul secret, que je cherche à remémorer, dans nos causeries amicales, que mon ami a emporté dans sa tombe. Et pourtant, sans en avoir l’air, Beuz m’avait encore fait un clin d’œil :« G appel mon c urgent… »Le lendemain : « Fais-moi signe, si tu es à Thiès…Nekal thi Diamm ». Dois-je pleurer, prier, et oublier ? Ce que je sais, c’est que Thiès ne sera plus comme avant…A Dieu mon frère, A bientôt mon amiSamba ThiamJournaliste : Administrateur du site godakar.snDirecteur de l’information du groupe GomediaProche ami du défunt
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