ras-naroneMusicien et animateur, Ras Narone a fini de convaincre la scène nationale et continentale qu’il fallait désormais compter avec lui, en ce qui concerne la matière reggae Sénégal, sur les télés et sur les radios, il constitue une icône incontournable. En marge de la célébration du 11 mai, le rasta est aux locaux de dakarmusique.com pour une entrevue inédite. Entretien.

Dakarmusique.com : Ras Narone ?
Ras, c’est le diminutif de rasta, par ailleurs dans la philosophie rasta, cela signifie la tête ou encore le roi, et nombreux sont les artistes jamaïcains dont les noms de scène commencent par Ras. Par contre Narone, c’est mon nom en verlan, Harona, de plus je joue sur l’homonymie narone et neurone, mille milliards de neurones constituent un cerveau, pour dire que Ras Narone une tête bien faite.

Dakarmusique.com : artistiquement parlant, nous savons que vous êtes reggae feeling mais que faites-vous comme musique reggae ?
Nous avons démarré la musique par le hip hop, chose très normale vue que nous sommes des « ghettos yute », nous sommes de Pikine. Nous avons appelé notre groupe « African Akhloubi », c’est-à-dire le temple ou bien l’agora où les africains doivent pondre des idées à développer le continent.
Très jeune, mon oncle me faisait nettoyer ses bracelets en argent avec du sable de mer, assis devant la porte sa chambre entre-ouverte, m’envahissait et m’inondait la musique reggae qui venait de chambre. J’ai grandi surfant sur ces vibes, avec mon partenaire Sangue-bi, nous sommes influencés par le hip hop, le dance Flor, la techno house etc. avant d’être typiquement reggae.

Dakarmusique.com : avec le groupe Afrian Akhloubi où en êtes avec vos projets ?
En fait nous étions trois dans ce groupe, mais Fada Monty qui est maintenant  à Bruxelles voulait qu’on sort un album, Sangue-bi et moi avions estimé qu’il était encore tôt, alors il a nous quitté. En 2000, j’ai rencontré le manageur de Gokh-bi System Pape Pouye qui a créé un label à Boston dénommé Ciga Records. Il nous a signé en dans la même année et nous avons pu sortir notre premier album « Dem Warriors » en 2005, enregistré à Dakar et mastérisé au Massachusetts avec les intro et outro des jamaïcains Paulo et Wresler.

Dakarmusique.com : vous faîtes du reggae comme tant d’autres artistes mais que croyez-vous apportez de nouveau ?
Ce que nous apportons de différent, c’est que notre reggae a du wolof, du français etc. en fait nous n’aimons pas sonnait jamaïcain, nous préférons sonner africain, et plus encore sénégalais. Nous faisons de la « conscious vibe », nous ne sommes pas « gals lyrics », c’est-à-dire que notre écriture ne porte pas sur la gente féminine, et si c’est le cas, ça sera surement pour les conscientiser.

Dakarmusique.com : 11 mai ?
Nous avons coutume de célébrer le 11 mai au Sénégal en écoutant de la musique reggae tout la journée. En 2012 la Jamaïque célébrait ses 50 ans d’indépendance, ils ont estimé qu’ils ont remporté le pari de l’évolution. Cela se voit encore en matière d’athlétisme avec les performances des Usain Bolt etc. dans la musique, les plus grands labels au monde comme Bad Boy Records signent des jamaïcains, l’industrie musicale des USA a été très influencée par le reggae sinon par des artistes d’origine jamaïcaine : Piff Diddy, Sean Paul, Morgan Heritage, Busta Thymes etc.
Au Sénégal la célébration c’est à fond les sound system bizarrement, et pourtant nous, nous ne fumons pas du chanvre indien, nous ne buvons pas, et nous disons que là où Bob Marley s’était arrêté à l’âge de 36 ans, c’est cette œuvre que nous devons pérenniser et pas le contraire.

Par Moustapha KORERA, DAKARMUSIQUE.COM
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