djembe001Pour nous parler de l'histoire du Djembé Dakar Musique est allé à la rencontre de M. CAMARA Manager d’une boutique d’art.

Dakar Musique : Bonjour M. CAMARA
M.CAMARA : Bonjour
D.M. : Vous faites partie de quelle ethnie sénégalaise ?
M.C. : Moi je suis d’origine guinéenne avec mon petit frère les autres collègues sont des sénégalais.
D.M. : Vous êtes des bucherons « laobés » ou bien ?

M.C. : Non personne dans notre équipe n’est bucheron cependant c’est des bucherons qui travaillent pour nous le bois et nous à notre niveau on fait la finition du travail. Moi en Guinée mes parents n’étaient pas d’accord pour que je fasse le métier. Là bas c’est un peu comme le Sénégal ce n’est pas à toutes les familles de travailler le bois.
D.M. : Depuis combien de temps faites vous ce travail ?

djembe004

M.C. : Depuis 16 ans. J’ai fait ce travail pendant deux ans au Mali avant de venir au Sénégal.
D.M. : Quelles sont les sortes de « Dièmbé » qui existent ?
M.C. : D’abord il faut parler des types de bois avec lesquels on fait les « Dièmbé ».
Il y’a le bois « dimb » qui vient de la Casamance. Nous l’utilisons à 95% pour la fabrication de nos produits car il est plus facile à trouver étant donné que sa commercialisation est autorisée par les autorités sénégalaises.
Nous travaillons également avec un pourcentage de 5% des bois : « Lingué », « Khaay », « Niim »et le « Kessing-Kessing »  qui est le plus rare des bois.
Ya le « Dièmbé » grand modèle qui mesure entre 32 et 35 cm de diamètre.
Le « Dièmbé » médium dans le langage artistique ou moyen qui mesure 25 cm de diamètre.
Le « Dièmbé » sankhaal petit modèle
Et enfin le « Dièmbé » potou meew qui est très petit.
D.M. : Quel usage fait-on de ces « Dièmbé » ?
M.C. : Ils sont utilisés pour faire de la musique, de la décoration et dans une certaine mesure ils servent de jouets aux enfants avec le petit modèle surtout en période de « Tadiabone ».

djembe003

D.M. : A quoi servent les cordes attachées sur le « Dièmbé » ?
M.C. : Il y’a deux sortes de cordes : la corde blanche et la corde noire qui coûte plus chère et qui est aussi plus résistante notamment à la fraicheur. Les cordes sont ajustables selon le son que nous voulons avoir du fait que nous soyons des professionnels de musique, des amateurs, ou que l’on veut faire tout simplement de la décoration.
D.M. : Avec quelle peau de bête on fait le « fort » ?
M.C. : Nous utilisons la peau de chèvre pour faire le « fort ».
D.M. : Quels sont les musiciens qui utilisent le « Dièmbé » ?
M.C. : Les troupes de Balaie l’utilisent plus, certains orchestres traditionnels et même modernes parce que le « Dièmbé » remplace peu à peu le « saabar » national.  
D.M. : En dehors des « Dièmbé » qu’est ce vous fabriquez d’autre ?
M.C. : Nous faisons le balafon qui est fait aussi du bois essentiellement avec un peu de peau de bête pour attacher les cordes et de petites calebasses « cook ».
Nous faisons également le « doundou » qui est un instrument avec lequel on joue avec les deux cotés. On le fait avec la peau de vache.
Essentiellement  c’est ce que nous faisons le « Dièmbé », le balafon et le « Doundou ».
D.M. : Monsieur CAMARA votre mot de la fin ?
M.C. : Je remercie beaucoup l’équipe de Dakar Musique de la chance que vous donnez aux artistes. Et que vive la musique sénégalaise !!!